La neutralité, oui, mais pas comme cadeau aux “Autocrat bros” !
Le 27 septembre, ce n'est pas notre neutralité qui est en jeu, quoi que l'UDC veuille nous faire croire. La Suisse est neutre aujourd'hui, et elle le restera aussi après un Non à la prétendue « Initiative sur la neutralité ». La vraie question est ailleurs : voulons-nous nous lier nous-mêmes les mains en inscrivant un règlement rigide dans la Constitution et en abandonnant ainsi notre souveraineté aux Autocrat bros ? Le peuple doit envoyer un signal à l'UDC : la souveraineté n'est pas à vendre.
La Suisse n'est pas une île : ni géographiquement, ni politiquement, et encore moins lorsqu'il s'agit de notre sécurité. Comme dans notre vie quotidienne, les menaces de notre époque ne s'arrêtent plus aux frontières : cyberattaques, drones, désinformation et armées qui redessinent les frontières par la force.
À tout cela, l'Initiative sur la neutralité répond par une seule consigne : détourner le regard. Elle interdirait à la Suisse d'adopter ses propres sanctions contre un État en guerre tant que le Conseil de sécurité de l'ONU ne les ordonne pas, et elle proscrirait toute coopération avec des partenaires de défense jusqu'à ce qu'une attaque contre la Suisse soit en cours ou directement imminente.
Ensemble, nous sommes forts
Volt est le premier parti paneuropéen : plus de 35'000 membres dans plus de 30 pays et plus de 300 élus dans des parlements communaux, nationaux et au Parlement européen.
Ensemble, nous nous battons pour une Europe forte, unie et fédérale qui, comme les Confédérés dans l'histoire suisse, choisit de rester soudée malgré des langues et des cultures différentes. Cette alliance historique, tout comme notre vision pour l'Europe, n'a jamais été un renoncement à l'indépendance. C'était, et c'est toujours, la décision naturelle qui permet à de petites communautés de rester libres face à des puissances bien plus grandes. Une Europe qui défend nos valeurs communes de démocratie, de droits humains et d'État de droit a besoin d'une Suisse encore capable d'agir, et non d'une Suisse qui a inscrit sa propre reddition dans sa Constitution.
Nous offririons notre souveraineté
L'initiative a des airs d'indépendance. Elle produit l'inverse. Elle lie les mains du Conseil fédéral à un organe où la Suisse ne siège pas de manière permanente et n'a pas le droit de vote. Si le Conseil de sécurité est bloqué, et il l'est généralement, la Suisse est bloquée avec lui.
Cela signifie que des Autocrat bros disposant d'un droit de veto au Conseil de sécurité décideraient de ce que la Suisse peut ou ne peut pas faire face à une guerre sur notre continent. Berne ne pèserait plus chaque cas selon ses mérites. Berne attendrait. Des pays restés hors de l'OTAN, comme l'Autriche, l'Irlande et Malte, continuent de décider eux-mêmes de leurs mesures restrictives. Nous serions le seul pays d'Europe à s'être retiré cette décision des mains. Ce n'est pas de l'indépendance. C'est un transfert de responsabilité et, en fin de compte, une grave perte de souveraineté.
Un oui ne préserverait pas le statu quo : il le démantèlerait
La Suisse n'est pas restée immobile. Nous participons au Partenariat pour la paix de l'OTAN depuis 1996. En octobre 2024, la Suisse est devenue le quinzième membre de la European Sky Shield Initiative, un programme commun de défense aérienne basée au sol, et elle y a adhéré exactement comme l'a fait l'Autriche neutre, avec une déclaration écrite excluant toute participation à un conflit armé. Rien là-dedans ne nous oblige à faire la guerre de quelqu'un d'autre. Cela nous vaut de meilleurs prix, des délais de livraison plus courts, des infrastructures d'entraînement partagées et des connaissances que nous ne pourrions jamais bâtir seuls.
L'initiative interdirait la coopération avec les alliances de défense tant que la Suisse ne subit pas une attaque armée ou que celle-ci n'est pas directement imminente. Est-ce la fin des exercices communs ? De Sky Shield ? De la coopération contre les drones au-dessus de notre propre espace aérien ? Personne ne peut te le dire, car une phrase inscrite dans la Constitution est ensuite interprétée pendant des décennies par des tribunaux et des diplomates, et non par le comité qui l'a rédigée.
Un pays incapable de dire avec certitude ce qu'il a le droit de faire n'est pas un partenaire fiable, et il n'est pas non plus rassurant pour ses propres citoyennes et citoyens.
Et c'est précisément là que le peuple entre en jeu
Un Non le 27 septembre ne change rien à la neutralité suisse. Nous n'entrons pas dans l'OTAN. Nous n'envoyons de soldats dans la guerre de personne. Nous ne renonçons pas aux bons offices et aux mandats qui ont fait de Genève ce qu'elle est. La neutralité reste exactement ce qu'elle a toujours été : un instrument souple de politique étrangère qui sert ce pays depuis deux siècles, et une pratique qui nous a valu le respect du monde.
Ce qu'un Non préserve, c'est la capacité de juger. Chaque cas apprécié sur le fond, décidé à Berne, par un gouvernement qui nous doit des comptes, à nous, le peuple. C'est cet équilibre que l'initiative veut remplacer par une règle figée, écrite des années à l'avance par des gens qui ne peuvent pas savoir ce qui nous attend.
Nous en sommes
Pour nous, à Volt, c'est clair : une Suisse qui ne peut pas décider par elle-même n'est pas une Suisse plus forte. L'Initiative sur la neutralité offre une certitude de la pire espèce : celle de ne jamais pouvoir réagir.
Nous préférons garder ce discernement qui a tenu ce pays à l'écart de deux guerres mondiales et qui s'est révélé utile à tous, y compris en temps de paix.
C'est pourquoi Volt Suisse recommande un Non le 27 septembre.
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